Pierre BOUDET

Stage Espagne

 

Pour ce stage hivernal, les équipes de France civile et militaire sont partis dans la région de Barbate en Espagne à l'ouest de Gibraltar. Le programme est très chargé, 17 entraînements plus de 16 heures d'effort sans compter les traditionnels footing matinaux. Après une escale technique sur la base de Mont de Marsan pour changer d'avion, problème technique de refroidissement d'un des deux moteurs, nous arrivons vendredi 11 février à Jerez de la Frontera.

 

 

Une fois les véhicules de location récupérés, nous partons pour Cadiz et une première CO pour la prise de contact avec le terrain. Mais avec ce problème technique, l'entrainement se terminera de nuit... Une fois changé et les sacs rangés tant bien que mal dans le minibus, nous gagnons Cânos de la Méca lieu d'hébergement du stage.

 

Samedi 12 Février :

 

Le réveil sonne à 6h45, départ 7h00 pour le footing matinal de réveil musculaire. Une bonne partie du groupe se retrouve à l'accueil, direction le phare qui domine la baie de Cânos de la Méca. Il fait nuit, le soleil tarde à se lever. Une fois rentré et le petit déj' englouti, nous partons pour une journée non-stop sur le terrain à 50min de route. Le temps est parfait, il fait super beau voir chaud. On distingue même les contreforts du Maroc derrière les falaises de Gibraltar. 10 heures, Laurent distribue les carte de l'exercice. Pour se mettre en jambe, rien ne vaut qu'un petit couloir qui serpente entre les zones de micro-relief de la bande côtière et la forêt type lande. En effet, le stage va se dérouler sur des terrains similaires à ceux rencontrés dans le sud-ouest de la France. Du coup je ne suis pas dépaysé !

 

 

Pour le repas de midi, l'hôtel nous avait préparé un pique nique assez copieux. Beaucoup ne mangerons pas tout redoutant déjà la séance de l'après-midi. Le premier exercice et assez simple : gravir une côte de 800m de long avec 115 m de dénivelé positif et enchainer un circuit de 11 postes sur un profil descendant. Le tout à faire 3 fois... Pour créer du contact et de l'émulation, les montées se feront par groupe de 3.

 

Les trois montées seront un véritable enfer pour moi, il me faudra plus de cinq minutes pour gravir cette « montagne ». L'objectif de cet exercice est de mettre les coureurs dans le rouge, chose faite car sur 2 des 3 circuits je fais faute au 1er poste. Le stage est bien lancé !

 

Dimanche 13 février :

 

Les premières courbatures sont déjà là. Le footing matinal va éliminer tout ça. Le programme se densifie déjà, la matinée sera consacrée à une Middle et l'après midi à un exercice dénommé « surf » où le but et de progresser avec le minimum d'éléments tout en jouant les courbes. Et pour clore la journée une petite CO de nuit pour travailler la sélection des éléments.

 

Je réalise une bonne middle le matin, à noter juste quelques petites hésitations et écarts sur des approches de poste. Mais sur la vidéo de Didier je paraît complétement scotché dans le sable. Il va falloir que je gagne en puissance musculaire pour être plus dynamique et plus rapide dans mes déplacements. Pour l 'exercice de l'après midi, associé à Fabrice Vannier, nous progressons en pair / impair. Mais petite particularité sur le circuit, nous traversons des troupeaux de vaches, veaux et taureaux...

 

Sur la route du retour à l'hébergement une légère inquiétude se lit sur pas mal de visages, il pleut des trombes d'eau dehors, il faut partir à la CO de nuit.

 

Miraculeusement, la pluie va cesser un peu avant les premiers départs. Je pars dans les premiers, chose qui me convient super bien. Mais dès le poste 1, un petit regroupement s'opère, nous allons former un petit groupe de 3 avec Erwann et William. Nous progressons relativement bien, mais sur les postes, il est parfois difficile de trouver la balise. La journée se termine à 23heures, il faut dormir pour récupérer de cette grosse journée.

 

Lundi 14 février :

 

la routine commence à s'installer doucement, point positif de l'entrainement du matin, l'arrivée se fait à l'hébergement. Au programme un keep it simple, un exercice que j'apprécie énormément car il oblige le coureur à utiliser les éléments qui ont été laissé sur la carte. Je me plante lamentablement pour aller au poste 7, raison principale qui me colle à la peau : un refus de pente...

 

 

Mais après cette petite matinée « tranquille » l'après midi est placé sous le signe de la violence physique avec un tranémo. Le principe est assez simple, un circuit composé de deux boucles avec des postes communs et des variantes. Si un coureur choisit au poste commun la variante bleu, le suivant choisit la rouge. Lors de la seconde boucle chaque coureur choisit les variantes qu'il n'a pas faite lors de la première. Les organismes vont être mis à rude épreuve car le but est d'être constamment en sur-vitesse pour rattraper les coureurs qui sont devant soit sur la variante et arrivé devant les autres qui eux sont sur la deuxième variante. Pour cette course l'équipe militaire sera sur le même parcours que les femmes de l'équipe civile. Une belle bataille se profile ! Et comme tout bon départ en masse, un regroupement général s'opère au poste 1. Tous le monde tourne en rond, tout le monde s'observe, jusqu'à ce que l'un d'entre nous trouve le poste. Chose faite pour une des filles ce qui relancera la course jusqu'à la fin.

 

Mardi 15 février :

 

Journée sprint. Mais ce qui devait être une superbe journée de sprint avec une qualif le matin et une finale l'après-midi se déroulera sous un déluge de pluie le matin et une petite éclaircie l'après-midi. Avec des conditions pareilles le danger est omniprésent. Sol glissant, le froid, la pluie ruisselant sur le plastique et dans les yeux. Bref de grosses conditions pour préparer le weekend Weesoo du 26 et 27 février. Ces deux sprints devait me servir de référence pour affiner mes automatismes sur un format de course auquel je participe peu souvent. J'ai pu en tirer pas mal de petits points à améliorer pour être le plus efficace possible. Premièrement, l'échauffement. Il faut être quasiment dans le rouge, en légère sudation, 1 minute avant le départ. Il faut être à bloc dès le poste 1. Deuxièmement, il ne faut pas perdre de temps lors de ses choix. En sprint dès que l'on est arrêté c'est à ce moment là que les secondes défilent. Et enfin orienter ses choix vers des itinéraires avec le moins de changement de direction en vue de ne pas se perdre et pouvoir visualiser la suite.

 

Mais après le premier sprint, sur un sol détrempé une vielle blessure réapparait, mon tenseur du fascia latta... Pas de miracle possible, beaucoup d'étirements, de l'eau et du repos. Je choisit donc de ne pas courir la CO de nuit pour espérer faire disparaître cette petite blessure. Je redoute déjà l'exercice du chasse patate du lendemain.

 

Mercredi 16 février :

 

Les blocs rouges avec de l'intensité maximale sont devenus quotidiens, ce matin cela sera un chasse patate couru une nouvelle fois avec les femmes de l'équipe civile. Après mon échauffement, je remarque que je ressent beaucoup plus la douleur sur le sol lorsqu'il est dur. C'est plutôt une bonne nouvelle, je vais pouvoir être au contact avec les meilleurs étant donné que le terrain sablonneux amorti énormément les chocs.

 

Le principe est assez simple, on enchaîne deux postes, qui peuvent être différents suivant les combinaisons des coureurs et à l'issue on opère un regroupement général. Mais pour corser les choses, le départ du regroupement est donné 1 minute après l'arrivée du premier ou de la première... Au milieu du circuit, un deuxième départ est donné dans l'ordre d'arrivée pour relancer les coureurs un peu distancés. Les vitesses sont maximales, l'orientation assez sommaire, il faut être vigilant sur les codes des postes. Je termine avec le groupe des premiers assez content de moi, et surtout, en n'ayant pas mal au genou !

 


 

L'exercice de l'après midi est un couloir, une nouvelle fois je pars avec Fabrice Vannier dans le but de travailler ma technique et observer son mode d'orientation. (sélection des éléments, lecture de la végétation et des courbes de niveau...)

 

Pour terminer la journée, nous partons pour une CO de nuit que je ferais avec William et Fred. Heureusement que je n'ai pas terminé seul cette CO car ma lampe au poste 18, donna des signes de fatigue m'obligeant a me concentrer seulement sur ma boussole et à me servir du faisceau des lampes de mes acolytes.

 

Jeudi 17 février :

 

Longue distance. Pour des raisons de longueur de circuit il est possible de shunter la dernière boucle de 4km et de ne faire que 13km. Je pars sur cette course en me rappelant mes objectifs du moment qui sont de faire des courses avec le moins d'erreurs possible. Mais après un début de course plutôt bon, je ne choisit pas un point d'attaque suffisamment sûr pour trouver le poste 8. Je commence à tourner un peu top sur la zone, je percute que c'est du 1/12500°. Ce qui me fait dire que je ne suis pas assez loin. Puis j'enchaîne les petites erreurs jusqu'à ce que je vois revenir sur moi Yann parti 3minutes derrière...

 

Pris d'un coup de sang je me ressaisit tout en relançant sur le long partiel. Je retrouve une bonne dynamique mais je suis imprécis et je galère pour trouver les postes. Entre les postes 18 et 21 je profite de Thierry pour me repartir sur une nouvelle dynamique. En arrivant au poste 31, lieu du changement de carte, je retourne ma carte pour visualiser le reste du parcours. Mais il n'y a rien au dos... bizarre. J'arrête mon GPS et je décide de rentrer. En arrivant en bas, j'apprends que je suis disqualifié car j'ai emprunté la route pour rentrer. Je leurs explique alors que je n'ai pas trouvé la suite au dos de la carte. J'apprends après coup que la deuxième carte était dans un sac à dos au pied du poste 31... dommage !

 

 

L'après midi sera sous le signe de la récupération avec un exercice dénommé « partenaire ». Une carte pour deux, je pars avec Yann. Le premier mémorise l'itinéraire pour aller au poste 2, le second fait les deux postes avec la carte. En arrivant au poste 2, le premier coureur part faire les postes 3 et 4 pendant que le deuxième qui a mémorisé au préalable le poste 4 y va en mémo. Après une bonne heure d'exercice nous bouclons l'exercice sans réelles difficultés. Le groupe civil décide de rentrer en courant à l'hébergement, je me joint à eux histoire de profiter encore un peu du soleil et de la vue qui nous est offerte sur la baie de Canos de la Méca.

 


 

Vendredi 18 février :

 

Pour clore ce stage, le dernier entraînement est un biathl'O. Le principe est très simple, on part sur un circuit de CO, en arrivant on effectue un tir sur une cible avec 3 pinnes de pin. Pour chaque pinne de pin ratée on effectue un tour de pénalité d'un circuit imposé. Je réalise un super score en ne ratant que 2 fois la cible. Je déroule sur les 3 circuits de CO, pour terminer le stage sur de bonnes sensations.

 

Une fois l'appartement rangé et propre, nous embarquons dans les minibus pour rejoindre l'aéroport et notre superbe avion, un casa 235 de l'armée de l'Air.

 

Le bilan de ce stage est plutôt positif. J'ai pu répondre présent sur les objectifs que je m'étais fixé avant ce stage. Avec 165km parcourus, plus de 2650m de dénivelé positif avalés, presque 19heures et 325 postes la récupération va être importante.



03/03/2011
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